vendredi 4 février 2011

Des Bahamas à la République Dominicaine


Mieux vaut tard que jamais... Je sais, ce fût long, mais j'ai enfin une connexion potable. Nous avons quittés la marina d'Emerald Bay le mardi 18 janvier, sans Nemea. Comme ceux-ci doivent remonter vers le Québec au printemps, leur plan de navigation n'est pas le même que nous. Nous avons eu une belle navigation à voile, au début, puis, moteur vers la fin, car les vents sont tombés à 5 kn. Nous avons pu discuter avec Jean-Denis et Louise (Nemea) sur VHF, car ils sont en direction de Hog Cay, au Sud de Georgetown. Nous, nous nous rendons (ça fait beaucoup de nous!) à Calabash Bay, à Long Island. Nous réussissons à nous ancrer, à la deuxième tentative, car le fond ne tenait pas très bien, à 14h15 (23°38'.335N 075°20'.321W). Une chance que la brise est bonne car la température frise le 40°C avec l'humidex. Nous voulions tenter de rallier Rhum Cay, afin de diminuer la navigation vers Mayaguana, mais c'était vraiment impossible. Nous avons eu la belle surprise de voir Nemea se joindre à nous en fin d'après-midi. Ils ont décidé d'aller visiter Long Island. Avec le taux d'humidité, Normand a passé la nuit dans le cockpit et moi, j'y est aussi débuté ma nuit de sommeil.

Couché de soleil à l'Ouest, le 18 janvier, Calabash Bay, Long Island.

Levé de la lune à l'Est, le 18 janvier, Calabash Bay, Long Island. (Si vous faites un "zoom" sur cette photo, vous verrez les propriétaires enlacés à l'avant du Catamaran et je leur est fait parvenir cette photo).

À notre réveil, le matin du 19 janvier, le taux d'humidité était tellement élevé que le voilier dégouttait de partout. Les hublots étant restés ouvert, il y avait des "flaques" d'eau sur le plancher. Nous avons quitté notre ancrage à 6h45 direction Mayaguana. Une navigation d'une trentaine d'heure. C'est la dernière île au Sud-Est des Bahamas, et c'est là que nous ferons notre sortie officielle du pays. Nous savons, par le Réseau du Capitaine, qu'il y a trois autres voiliers québécois à 1/2 journée devant nous. Nous atteignons Rhum Cay à 12h30 et sommes à moteur, car le vent, d'à peine 10 kn, est SE (dans l'pif). Navigation assez "pépère". Nous avons croisé 2 porte containers, en après-midi puis, le calme total par la suite. À 20h00 je m'étends pour la soirée et sommeille un peu. Il faut dire que P.A. fait tout le travail, mais nous devons quand même surveiller un peu. Je reprend la roue de 00h00 à 6h00 et Normand fait sa nuit. Même si la pleine lune m'accompagnais, je n'ai jamais vu l'île de Samana (celle des Bahamas).

Ciel du matin le 20 janvier, au Nord de Mayaguana.

Comme j'étais à moteur toute la nuit, j'ai vraiment pris un Cap à l'Est et piqué au Sud de Samana, afin de raccourcir mon millage. Ce fût payant. À 6h00, lorsque Normand a repris la surveillance à la roue, nous avons pris un Cap à 180° avec un beau vent travers de 15 kn. La pointe Ouest de Mayaguana a été "rock'n'roll", car nous avions de la vagues croisées, mais nous nous sommes finalement ancrés à 15h00 dans Abrahams Bay (22°19'.604N 073°01'.790W) au côté des autres voiliers québécois: "L'Albatros", "Monelisa" et "Prana".

Ciel du soir le 20 janvier, Abrahams Bay, Mayaguana.

C'est le lendemain matin que nous nous sommes rendus au bureau des douanes pour faire notre "clear-out" du pays. 20$ par personne et c'est vraiment pas nécessaire car, l'année dernière, nous avions omis d'en faire un et nous n'avons jamais eu de problème. Par contre, comme nous descendons plus au Sud, nous ne voulions pas prendre la chance d'avoir des problèmes. Au retour, à 14h30, je me suis étendue, car nous devrions quitter à 21h00, en flottille de 4 voiliers.
Lorsque j'ai démarré le moteur, le GPS m'a encore fait faut bon! Une chance que Prana est devant moi, nous décidons de poursuivre notre route avec eux car, de toute façon, il n'y a absolument aucun service à Mayaguana. À notre sortie, la vague est assez formées et courtes. Nous ne pouvons mettre P.A. alors c'est Normand qui est à la roue. Une demie grande voile et génois mais la gite est trop forte. Nous diminuons encore la grande voile et coupons le génois car naviguons au près serré. Réussissons à se suivre d'assez près, ce qui est bien pour moi même si j'ai un GPS portatif. Vers 4h00, je tente à nouveau d'ouvrir mon écran de "chart plotter" et, YOUPI! Il fonctionne. Juste à temps pour faire notre entrée dans le Caïcos Bank.

Ciel du matin le 22 janvier, au Nord des Turks & Caïcos.

Nous faisons notre entrée les 4 voiliers à la queue leu-leu: l'équipe des TROIS MOUSQUETAIRES. Nous nous ancrons à 8h30 dans Sapodilla Bay (T & C) (21°44'.512N 072°17'.338W). Je me couche par la suite et, comme Normand a bien dormi cette nuit, va avec les autres gars pour tenter de faire les douanes aujourd'hui. Au retour, à 16h00, peine perdue. Le responsable est absent pour le reste de la journée et, demain dimanche, c'est fermé. Nous serons donc confinés à nos voilier pour la fin de semaine.

Nos trois copains à l'ancrage dans Sapodilla Bay (T & C).

Ciel du soir le 22 janvier, Sapodilla Bay (T & C).

Les douanes ont été faites le lundi matin, au coût de 98$, en à peine 30 minutes, pour les 4 voiliers. Après ce fût la course au diesel pour Normand. Pas évident avec un diable et 3 x 5 gallons à traîner sur la plage. Le lendemain, Normand réussi à se rendre à l'épicerie sur le pouce. 5$ pour aller et 5$ au retour sans même attendre. Les autres s'y sont rendus avec leurs bicyclettes, et ont reçu l'averse qui nous est tombée dessus en après-midi. Mercredi le 26 janvier, réunion de toute l'équipe car une fenêtre météo se pointe pour descendre. En après-midi, le "clear-out" à 15$. C'est déjà moins onéreux qu'aux Bahamas mais, si jamais nous remontons par cette route, nous éviterons probablement de faire des douanes ici et se contenterons de nous mettre à l'ancre. Il n'y a vraiment pas beaucoup à voir et l'eau n'est vraiment jamais aussi belle qu'aux Bahamas.

Ciel du soir le 26 janvier, Sapodilla Bay (T & C).

Ciel du matin le 27 janvier, Sapodilla Bay (T & C).

Nous avons quittés notre ancrage le matin du 27 janvier à 6h00. Avions prévu descendre à French Cay mais, comme le vent n'adonne pas même avec cette route, décidons de prendre la route direct pour Ambergris et faire le trajet à moteur. Ressemble énormément au "yellow bank" des Bahamas. Nous naviguons dans 8 à 12 pieds d'eau. Nous jetons "la pioche" à 16h15 (21°19'.604N 073°01'.790W).

L'île d'Ambergris. Ça ressemble aux Îles de La Madeleine en miniature.

Ciel du soir le 27 janvier, Ambergris (T & C).

Ciel du matin le 28 janvier, Ambergris (T & C).

Nous avons levés l'ancre à 7h00 avec de bon vents de 15-20 kn au près serré. 1/2 grande voile et 1/2 génois et, comme nous sommes toujours dans peu profond, des vagues courtes jusqu'à l'arrivée en eau profonde.

Le calendrier et les lanternes sont de niveau avec la terre, c'est le voilier qui est couché.

Nous nous ancrons à 15h15 à Big Sand Cay. La dernière île des Turks & Caïcos. Un vrai coup de coeur. De toute beauté et l'eau est tellement claire. C'est tout petit mais je m'y installerai à demeure n'importe quand (21°11'.690N 071°15'.078W).

Big Sand Cay, (T & C).

Ciel du soir le 28 janvier, Big Sand Cay (T & C).

Nous avons quittés le lendemain à 7h00 mais, cette fois, sans "Prana". Étant beaucoup plus rapide que les trois autres voiliers, ils quitteront vers 11h00. À la pointe Sud de Big Sand Cay, nous avons croisé une baleine mais, comme dans toute bonne histoire de poisson, elle ne s'est pas laissée prendre en photo. Ouvrons pleine voilure mais, comme le vent est faible, faisons aussi du moteur au début. La mer est d'un calme endormant et P.A. barre la roue. Le vent forci un peu et, croyez le ou non, nous devons diminuer la voilure car nous avançons trop vite!!! Oui, oui. Comme nous devons arriver de clarté en République Dominicaine, nous devons ralentir notre vitesse. "Prana" nous a vite rejoint au couché du soleil.

L'Albatros sous voiles.

Ciel du soir le 29 janvier, en mer entre T & C et République Dominicaine.

Monelisa sous voilure diminuée.

Comme c'est moi qui fait le quart de nuit, je m'assure aussi d'ajuster mes voiles au besoin, pour laisser Normand faire son dodo. Malheureusement, vers 2h00, je dois le réveiller car je suis incapable d'enrouler le génois. Après plusieurs tentatives, arrivons à l'évidence que la corde de l'enrouleur est coincée. Normand se rend à l'étrave avec son tournevis de 16'' et réussi à enrouler le génois, du mauvais côté mais, au moins, il est rangé et ne nuis plus. Poursuivons donc notre route à moteur. Comme nous sommes toujours trop rapide, avançons à pas de tortue les derniers milles. Apercevons les lumières de Puerto Plata mais, lorsque le jour se lève, wow! Les montagnes derrière. C'est vrai ce qu'on entend des navigateurs: "c'est le plus beau paysage depuis longtemps". Je vous reviens demain pour la suite...

À l'approche de la République Dominicaine.

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