vendredi 2 avril 2010

À la rencontre du Golf Stream

C'est le matin du 20 mars, à 7h00, que nous avons quittés la marina de Nassau. Selon Chris Parker (LE spécialiste de la météo de tous les navigateurs américains) nous avons une belle fenêtre météo pour traverser aux États-Unis. Peu ou pas de vent, Est samedi pour passer Sud-Est dimanche. Nous sommes donc une dizaine de voiliers à quitter samedi matin. Il y a deux groupes qui se forment: un qui couchera sur le "bank" pour ensuite se rendre à Bimini et l'autre, dont nous faisons partie, fera la traversée, sans s'arrêter, jusqu'à Lake Worth (Floride). "Adagio" est notre chef et meneur du groupe car il a les connaissances (capitaine de la Navy) et l'équipement (radar) pour nous ouvrir le chemin. Nous sommes finalement 4 voiliers à faire la traversée "non-stop". Nous quittons le port de Nassau à 8h00 car nous avons dû attendre l'entrée d'un paquebot de croisière avant de sortir. Cap 305°, le NW channel, jusqu'à Mackie-Soal que nous atteignons à 21h00. J'ai pu dormir un peu, durant la journée, ce qui m'a permis de prendre la roue à 19h00. Normand a mangé puis s'est assoupi dans le cockpit. Donc, depuis 21h00, direction "flashing light" au Nord de Hen Chicken. Heureusement pour moi, j'ai un 1er quartier de lune et des millions d'étoiles pour m'éclairer. Les vagues étaient, par contre, un peu plus haute que prévues, sur le "bank", soit 4 à 5 pieds. Nous avons atteint la "flashing light" à 1h30 et, c'est après que la température à légèrement changée. Qu'est-ce que j'écris! Légèrement n'est pas vraiment le bon terme. Disons que LE grand spécialiste de la météo s'est, encore, trompé. Nous avons alors pris un cap de 310°, pour traverser le Golf Stream et, selon ce que George (du "Adagio") nous a dit, il est préférable qu'on soit en pleine nuit et qu'on ne voit pas ce qui "se brasse" dehors. Nous avions un vent arrière, à ce moment, alors qu'au début nous étions au portant, voiles et moteur. Le génois était enroulé et seule la grande voile était ouverte. À 3h30 un énorme fracas... Le point d'écoute de la grande voile se déchire (le même problème qu'avec le génois quelques semaines plus tôt). Comme on a un vent presque de dos, la voile va s'estamper dans les barres de flèches et nous propulses, un peu comme un Spi. Impossible de l'enrouler dans son mât car je ne peut me mettre face au vent. Nous sommes dans d'énormes vagues, difficile à évaluer car nous sommes toujours en pleine noirceur, mais nous voyons l'écume blanche de la vague et le pilote automatique ne peut être enclenché. Comme il prend quelques secondes à répondre, le vent et les vagues, trop fortes, nous déportent trop. Normand a donc repris la roue, depuis 4h00, car je n'avait pas la force et l'endurance pour la tenir. C'est à ce moment que le vent a légèrement tourné au Sud, faisant décoller la voile des barres de flèches, et Normand a réussi à l'enrouler. Lorsque le jour s'est levé, nous avons vu l'ampleur des vagues, en fait, des monstres. Jusqu'à 15 pieds parfois mais, une chance pour nous, dans le même sens que le Golf Stream (voir photos plus bas). Nous sommes finalement entrés à Lake Worth à 11h30 puis, direction Nord dans l'ICW (environ 4 milles) pour s'ancrer, dans le gros vent de l'approche d'un front, à 12h30 (26°50'.203N 080°03'.304W), après 30 heures de navigation. George nous a appri, plus tard, qu'il avait enregistré des pointes de vent à 38 Kn. Wow! Mon test est passé et je suis prête à affronter les mers du Sud, l'an prochain... Mais, si possible, pas tous les jours ainsi! La belle surprise en entrant aux États-Unis; je retrouve le vol plané de mes buses et, les plongeons de mes pélicans, ainsi que mes cormorans. Home sweet home.


C'est un aperçu de la vague que nous avions mais l'image ne renvoie vraiment pas l'ampleur qu'elle avait. Disons qu'on "surfait" avec une vitesse de près de 7.5 à 8 Kn alors que, normalement, nous faisons du 6 Kn. Et nous n'étions plus dans le Golf Stream!

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